dimanche 29 décembre 2013

46. Quoi ? Tu vas faire une Insémination Artificielle ? Le truc comme pour les vaches ?

La première Insémination Artificielle date de 1789, et a été réalisée par le chirurgien écossais John Hunter sur son épouse¹. Eh oui !
Et parce que je trouve que les dessins sont toujours plus parlants, voici la différence entre l’insémination sur une vache :


²

Et celle chez une femme :

³

Vous noterez une très, mais alors très, légère différence dans les deux méthodes : la femme n’a pas besoin qu’on lui immobilise le col de l’utérus en lui insérant un bras dans le cucul ! (Dieu merci ! C'est pour des choses comme ça que je suis heureuse de ne pas être une vache...)

Ce qui me fait vraiment marrer, c’est de constater que les gens sont mieux informés de l’Insémination Artificielle chez la vache que chez la femme… Bizarre, non ?


¹. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ins%C3%A9mination_artificielle

jeudi 26 décembre 2013

45. Tu devrais perdre du poids…

Il est vrai que le poids est PARFOIS un facteur d’infertilité. Pas que le surpoids d’ailleurs, l’inverse l'est également. Mais ça, seul un spécialiste de l’infertilité est en mesure de juger pour qui cela peut être le cas (et encore, même pas sûr !).
Vous êtes un spécialiste de l’infertilité ? Non ? Donc cessez vos remarques désobligeantes, surtout lorsque vous avez la délicatesse de rajouter :
Il paraît que les spermatozoïdes ne peuvent pas avancer quand on est trop gros.
— J’ai une copine qui allait passer en FIV et les docs lui ont demandé de perdre du poids. Alors elle a perdu 15 kilos et paf, elle est tombée enceinte ! Tu devrais essayer toi aussi !

Non mais franchement, ça vous arrive de réfléchir un peu avant de bavasser ? Vous croyez que ça lui fait plaisir à votre copine d’entendre ça ? C’est quoi le but ? La faire culpabiliser encore plus ? 
La prochaine fois que vous êtes sur le point de sortir un truc pareil, bouffez vite un Mars ! Il paraît qu’on dit moins de conneries quand on a la bouche pleine !
Oui, on se demande qui est le plus lourd dans l'histoire...


dimanche 22 décembre 2013

44. Bonne année, bonne santé et surtout, un bébé dans l’année !

Les fêtes de fin d’année… Voilà bien un moment ultra pénible à vivre pour l’infertile.

D’abord, il y a Noël
Cette fête si magique, si joyeuse, où tout n’est que partage, amour, cadeaux, sapin, guirlandes, lumières, père-noël : la fête des enfants…
Cette fête qu’autrefois on aimait tant et où l’on se disait, les yeux pleins d’étoiles : 
« Un jour, ce sera mon bébé qui ouvrira ses cadeaux. Un jour, je serai la plus heureuse des mamans. »
Cette fête qu’aujourd’hui on ne supporte plus car les étoiles dans les yeux ont laissé place aux larmes, et où l’on se dit : 
« Quand viendra-t-il ce moment à moi ? Viendra-t-il un jour, au moins ? Ou bien serai-je condamnée à n’être toujours que la spectatrice du bonheur des autres ? »

Puis il y a le 1er de l’an
Cette fête où tout le monde souhaite le meilleur à tout le monde… (si seulement cela pouvait être comme ça aussi tous les autres jours de l’année… Bref…)
Alors oui, bien sûr, nous aussi on souhaite un bébé dans l’année, mais ce que l’on souhaiterait également, c’est que tout le monde cesse de remuer ce foutu couteau dans cette foutue plaie ce jour-là !
Dites-nous plutôt : « Bonne année et plein de bonnes choses pour toi ». Ça passera nettement mieux.

S’il vous plaît les gens, essayez, au moins cette fois, d’être moins maladroits. À défaut de rendre le sourire à vos amis, vous leur mettrez du baume au cœur…


vendredi 20 décembre 2013

43. T'en penses quoi, je dois avorter ou pas ?

Je ne ferai aucun laïus sur l'avortement ici. Parce que c'est un sujet complexe, matière à polémique et que je n'ai aucune envie de discourir sur ça. Les faits, juste les faits, il n'y a que cela qui m'intéresse pour le moment. L'avortement est un droit, et aucune femme (même parmi nous) n'est à l'abri d'y avoir recours un jour (eh oui, c'est une certitude, donc inutile de crier au scandale).

Maintenant, soyons clairs ! Il coule de source qu'on ne demande jamais à une femme qui essaye de concevoir si on doit avorter ou pas : JAMAIS !
Ce n'est pas que les infertiles soient totalement étroits d'esprits et incapables de comprendre votre situation, non. C'est juste inhumain ! Cela nous rappelle que nous, ce choix, on ne l'a pas ! Et c'est juste aussi qu'à ce moment-là, nous, on essaye de donner la vie, et l'idée de l'ôter nous est difficilement supportable.

Donc, chères amies d'infertiles, concernant ce genre d'interrogations, même si elles sont légitimes, il reste préférable de demander conseil à quelqu'un d'autre. Car en exagérant un peu, ça ressemblerait à : demander à une personne affamée et sans argent si je dois manger ou pas, mon gros sandwich au thon que je n'aime pas...


mardi 17 décembre 2013

42. J’aimerais pas être « comme toi »…

Comme toi = Infertile !
Ce genre de truc fait toujours plaisir à entendre, non ? C'est vrai que nous, on adore tellement être comme nous...

Vous connaissez le fameux « c’est celui qui dit, qui est » ? (mais si, on le disait sans arrêt quand on était à l’école !)
Ben, avec l’infertilité, ça doit être un peu pareil : « c’est celui qui dit, qui devient ».
Et là, évidemment, vous vous dites :
Mais n’importe quoi ! Moi, je ne l’ai jamais dit et je le suis !

Ben oui ! Nous, on le sait que ça ne marche pas comme ça, mais les autres non… J’sais pas moi, peut-être qu’ils pensent que, s’ils prononcent les mots « infertile » ou « infertilité », leur langue va tomber… Peut-être… Sinon, j’vois vraiment pas…
Surtout, ne jamais, jamais, formuler directement ces termes qui risqueraient de provoquer une malédiction irréversible !
Bref, du coup, ils rusent, et utilisent de subtils subterfuges pour éviter les mots « interdits ».

Vous comprenez maintenant pourquoi l’infertilité est taboue ?


samedi 14 décembre 2013

41. Et sinon, il est normal du coup votre enfant ?

Parce que dans la tête de certaines personnes, la Procréation Médicalement Assistée, c’est un peu comme prendre un bain dans une centrale nucléaire… Ils pensent que la PMA, ça rend… bizarre…

Si l’on vous pose cette question quand vous avouerez que votre enfant est issu de la PMA, ne faites pas comme moi, à rester bouche bée devant l’énormité de la débilité de la question. Riez plutôt aux éclats et dites :
Ouiiiiiii, il est tout à fait normal ! À part ses doigts : il en a 20 ! Mais, c’est quand même vachement pratique pour jouer du piano ! *

L'avantage, avec le bébé éprouvette, c'est qu'au moins, on est sûr qu'il n'a pas été fini au pipi, lui !



* Merci à Ze Plume pour cette extraordinaire réponse !




mercredi 11 décembre 2013

40. La PMA, c’est tellement contre-nature…

Oui, soyons clairs : la PMA, c’est contre-nature ! Parce que la nature a décidé que non, et nous, on la contre par n’importe quel moyen ! Nous sommes des rebelles, gnark, gnark, gnark !

Je ne reproche pas aux gens de me dire ceci, car je suis d’accord avec eux. Ce que je leur reproche en revanche, c’est de s’indigner contre certaines choses contre-nature et en accepter d’autres qui le sont également.

Parce que, les gens, si vous refusez la PMA sous prétexte qu’elle est contre-nature, refusez également les séances de chimio que l’on proposera à votre conjoint/enfant/parent/ami* lorsque le cancer l’aura atteint. Ben oui, la chimio aussi, c’est tellement contre-nature…


* Ou même vous, pourquoi pas ! Eh oui, ça n’arrive pas toujours qu’aux autres…



lundi 9 décembre 2013

39. Ce n’est pas grave si tu ne peux pas me donner de petits-enfants : ton frère m’en a déjà fait trois !

Si c’était ma maman qui avait osé cette remarque, je serais désormais orpheline, y a pas de doute possible !

J’éprouve beaucoup de peine (et d’admiration) pour cette femme qui a serré les dents (sans devenir une meurtrière) en se prenant cette phrase en pleine poire…
Je le sais pourtant, que la connerie n’a pas de limite… Mais là, c’est le pompon !

Franchement, chers parents d’infertiles, vous pensez vraiment, mais vraiment, qu’on décide de faire nos enfants POUR VOUS ?

Et puis, ce n’est pas parce que vous êtes consolée d’être mamie au moins une fois que cela nous console de ne pas être maman une seule fois !


mardi 3 décembre 2013

37. Arrête de t’acharner !

Cette phrase, je me la suis prise en pleine poire durant mes essais infructueux pour « bébé 1 ».
J’ai eu un mal fou à expliquer à mon interlocutrice les raisons de mon « acharnement ».
Car oui, ami(e)s infertiles, sachez-le, vous vous acharnez à défier la nature ! Bouh, pas bien !

J’étais déjà convaincue à l’époque, que je devais persévérer malgré tout. Quitte à devoir faire face à des tonnes et des tonnes de défaites. Cela reste un choix personnel bien sûr, mais pour ma part, il était inconcevable de vivre avec le regret de n’avoir pas tout tenté pour parvenir à être mère.

À quel moment doit-on considérer que nos efforts sont de l’acharnement ?
Je ne le savais pas. Je me disais seulement :
« Tant que je me relèverai, c’est que j’aurai encore assez de force pour me battre. C’est pour cet enfant que je me bats et j’y mettrai la totalité de mon énergie ».

Les autres ne le réalisent pas vraiment. Ils ne voient que nos échecs et nos souffrances qui en découlent. Ils n’ont pourtant qu’à baisser les yeux vers leur progéniture pour comprendre… Le regarder et se demander :
« Jusqu’où je pourrais aller pour lui ? »

S’il y a une seule chance, si infime soit-elle, il faut la tenter, non ? Ce n’est pas de l’acharnement, c’est de l’amour !


samedi 30 novembre 2013

36. Tout vient à point à qui sait attendre…

Vous venez de faire une IAC ou une FIV et vous êtes dans la terrible période d’attente du verdict. N’est-elle pas absolument terrible cette période ? C’est LE moment où l’on voudrait plus que tout, accélérer le temps, d’un coup de baguette magique. Vous avez l’idée saugrenue d’avouer à votre copine :
— Boudu con*, qu’est-ce que j’aimerais savoir si ça a marché ou pas !
Et là, votre interlocutrice vous lance fièrement ce proverbe débile :
— Tout vient à point à qui sait attendre !

Évidemment, par cette phrase, votre amie sous-entend qu’il vous faut faire preuve de Patience ! Car on arrive à tout avec de la Patience ! La Patience vient à bout de tout ! Patience est mère de toutes les vertus…
La preuve : Patience nous aide à supporter cette sotte, et nous empêche même de lui faire avaler sa tasse de café par les narines. Merci, ô Patience !

Que répondre à cela ? me demanderez-vous… Et pourquoi pas un :
— Tu as raison bien sûr ! Ce sera sûrement positif grâce à ma patience ! Je vais en profiter aussi pour espérer que tu deviennes moins con, car l’espoir fait vivre !

* ou « Fichtre », en fonction de votre origine linguistique.


lundi 25 novembre 2013

35. Vois le bon côté : au moins t'auras pas de vergetures, toi !

C'est vrai, c'est un super bon côté de l'infertilité, ça ! Et pour sûr que ça nous console !

Pour les hypers malchanceuses, qui comme moi, ont eu des vergetures dès l'adolescence pour cause d'une poussée de croissance subite* ou autre, ben... plutôt que de l'étrangler, je vous conseille de faire de la sorcellerie vaudou sur votre charmante copine ! Choisissez un truc bien chiant, genre qu'il lui pousse une paire de moustache perpétuelle (gnark, gnark, gnark).

Pour les autres, enfin oui, réjouissez-vous un peu, voyons !


* Déconnez pas les gens ! Je mesure 1m58 et j'avais prit 2 cm d'un coup : le truc de fou !



dimanche 24 novembre 2013

34. En fait, c'est toi ou c'est lui le problème ?

Là, vous vous dites sûrement : « Ben, qu'est-ce qui cloche dans cette phrase ? »

Ce qui cloche dans cette phrase, c'est sa tournure ! Ce qui cloche, c'est de penser qu'une personne puisse être un problème, et non en avoir un.

Être infertile vient d'un problème, est un problème et engendre des problèmes. Mais l'infertile n'est pas un problème, OK ?

Être infertile, c'est ne pas arriver à résoudre LE problème de mathématiques, l'addition de la vie :
1 + 1 = 3

La langue française est bien faite, donc la prochaine fois, pense à ajouter à ta phrase un pronom relatif ainsi qu'un petit verbe et à remplacer l'article défini par un article indéfini, ça sera un tantinet moins choquant :

En fait, c'est toi ou c'est lui QUI A UN problème ?


samedi 23 novembre 2013

33. Au lieu de te plaindre, profite de tes grasses matinées ! Moi, j'en rêve !

Bon, alors déjà, y a des gens, comme moi, qui de toute manière, même sans enfant, ne connaissent pas les grasses matinées !
On s'en cogne, des grasses matinées ! On préférerait se lever à l'aube pour biberonner !
J'ai déjà essayé de me consoler du manque d'enfant en flânant au lit un peu plus que d'ordinaire, mais en fait, ça me gonfle ultra rapidement ! Les cui-cui ambiants et les rayons du soleil s'infiltrant à travers mes volets clos, moi, ça m'exaspère !

Du coup, on profite de quoi alors ? (tu peux toujours faire un brin de ménage, dirait Chéri...)

Ceci dit, j'ai une solution qui permettra aux lèves-tard de « profiter » à nouveau : filez vos gosses aux lèves-tôt et puis tout le monde sera content !

Voilà, encore une question de société résolue grâce à moi...



vendredi 22 novembre 2013

32. Ton combat ne me concerne pas !

Figurez-vous qu’il existe des gens assez égoïstes (obligation de l’auteure de prendre du recul et de rester polie) pour ne se sentir concernés par rien, et surtout pas par vos difficultés à procréer.

Voici les attitudes que l’on rencontre habituellement lorsque nous confions nos doutes :
- certains essayent de déchiffrer ce que vous leur dites (vous les reconnaîtrez facilement : ils plissent les yeux à chaque mot inconnu, donc durant toute votre conversation).
- d’autres ponctuent vos fins de phrases par des « ah oui », des « oh mince » ou des « hum, hum ».
- d’autres encore ouvrent de grands yeux (comme pour s’empêcher de s’endormir) et hochent la tête de temps à autre.

Mais au moins, eux, ils essayent de vous comprendre, même s’ils n’y arrivent presque jamais…

Et les autres, les égoïstes ? Pff, vraiment, je ne vous cache pas que ça me gave beaucoup d’écrire sur eux, parce qu’ils ne méritent même pas l’énergie que je donne sur ce clavier pour en parler…

Juste un truc quand même pour terminer :
TOI, le non concerné, le jour où tu seras malheureux comme les pierres, pour une raison ou une autre, ne viens pas te lamenter à mes côtés, tu n’y trouveras qu’un mur fermé, totalement non concerné !

Moralité : être cerné par des cons ne rend pas concerné ! (<- ouais, encore une blague à deux balles, je sais !)


mercredi 20 novembre 2013

31. Mon enfant, c’est ma raison de vivre…

Ben oui… ça, on s’en doutait un peu en fait… Les enfants, c’est que du bonheur, c’est de la joie à l’état pur, et c’est notre raison de vivre quoi, normal…

Mais, je trouve quand même un peu étrange cette volonté de toujours faire croire aux autres que les gamins, c’est vraiment, mais vraiment, que-du-bon-heur !
C’est vrai quoi, les enfants, c’est vachement bien, mais faut être réaliste aussi (promis, on ne vous dénoncera pas si vous osez dire que parfois, vous en avez un peu ras la casquette). Les enfants, en plus d’être que du bonheur, c’est aussi : des nuits blanches à n’en plus finir, la fin de votre intimité aux WC, des gribouillis sur les murs, des entorses dues aux jouets qui traînent, des bouderies, des caprices, des « j’aime pas les câlins » et des « je te fais pas des bisous, tu pues de la bouche* ».

Bref… On a une sale manie quand on est infertile, c’est de voir tout ce qui concerne les enfants en rose bonbon (ouais, ça fait choupinou le rose bonbon !) sans y voir la moindre nuance de gris (aucun rapport avec un certain livre porno-sado-masochiste).
Et quand on nous dit qu’en plus : « Mes enfants sont ma raison de vivre », ben nous, on a juste, encore plus envie d’en avoir une aussi, de « raison de vivre »…


Note de l’auteure : pour ceux qui n’ont pas encore d’enfant, ne vous jetez pas sous un train ! Trouvez-vous rapidement une autre raison de vivre, achetez un poisson rouge !

* Cette dernière phrase est une pure invention ! Je sens évidemment très bon de la bouche, et même de partout, d’ailleurs !


mardi 19 novembre 2013

30. Ça a marché une fois, donc ça remarchera...

Je sais bien que cette phrase est prononcée juste pour nous consoler...
Je sais bien que ces mots sont dits pour apaiser nos maux...
Je sais bien que cet espoir est censé nous réconforter...

Hélas...

On ne sait jamais si cela remarchera un jour...
Peut-être était-ce notre seule et unique chance...

Si vous souhaitez vraiment atténuer notre souffrance, dites-nous plutôt :
« Je suis désolé, j'espère sincèrement, du plus profond de mon cœur, que ça marchera encore »

Et juste ceci servira, non pas à ôter cette douleur, mais à l'amoindrir, un tout petit peu...


lundi 18 novembre 2013

29. Fais le poirier !

Il y a des gens « normaux », qui n'ont besoin que d'écarter les cuisses et tendre la zigounette pour faire un bébé.
Et puis il y a les autres...

Bon, je ne vais pas parler des messieurs ici, puisque, en ce qui les concerne, dans tous les cas, ils n'ont toujours qu'une seule et même mission : tendre la zigounette !

Les dames en revanche, devront faire preuve de souplesse et d'agilité. Et tout ça pour quoi ? Tout ça, parce que les zozos* de votre conjoint sont tellement fainéants qu'ils ont même la flemme de monter jusqu'à votre utérus. Et c'est quoi la solution d'après vous ? Ben la solution, c'est de mettre en pratique la recette de grand-mère existant depuis des siècles et des siècles : faire le poirier !
Donc, pour procréer efficacement, il faut :
  • faire un câlin durant la période d'ovulation
  • puis faire le poirier ! (attention de ne pas prendre racine <- humour à deux balles)

C'est simple : vous levez les jambes le plus haut possible pour que les soldats ramollos du bulbe puissent être dirigés correctement vers la caserne. Merci Newton pour le coup de la pomme ! On va espérer que la loi de la gravité s'applique aussi dans notre corps...
L'avantage avec la méthode du poirier, c'est que vous n'aurez pas l'air con du tout, et qu'en plus, ça va entretenir votre forme ! Si votre homme rit comme un benêt, demandez-lui de faire la même chose, par solidarité ! Évidemment, il va refuser, et protester vivement :
— Ça va pas non ? Je ne veux pas avoir l'air débile !

Ben oui mesdames, faire le poirier donne l'air débile... il faut bien en être consciente hein !
Et puis, ce n'est pas parce que l'on ne sait pas faire les bébés « normalement » qu'on doit se rendre ridicule pour autant... Un peu de dignité que diable !

Note de l'auteure : OK, j'avoue ! J'ai essayé une fois, mais franchement, j'ai été tellement vexée de voir Chéri plié de rire que je n'ai plus jamais renouvelé cette expérience totalement inutile...

* zozos = diminutif de spermatozoïdes.


dimanche 17 novembre 2013

28. Pars en vacances !

Comment ? Vous ne saviez pas que vous faire un bébé, il fallait partir en vacances ? Mais, ce n'est pas possible, de quelle planète venez-vous donc ? Tout le monde sait ça,  voyons ! C'est LA recette miracle pour tomber enceinte : « Partir en vacances » !

Si vous n'en avez pas les moyens (des vacances à Tahiti ou aux Seychelles, qui sont les plus efficaces, ne sont pas à la portée de tout le monde), organisez une collecte auprès de vos amis, collègues, famille... S'ils sont trop radins (c'est la crise, n'oubliez pas), n'hésitez pas à prendre la place du pauvre clodo devant l'église. S'il proteste un peu, sermonnez-le fissa :
C'est bon quoi ! Je dois partir en vacances pour faire un bébé, c'est largement aussi important que ta quête pour picoler manger, OK ?!
(Au pire, proposez-lui de lui donner un petit pourcentage, genre 0,1%, ça devrait suffire).

Voilà, ça, c'est fait ! Il vous cédera sa place, mais seulement pour la matinée, il ne faut pas exagérer non plus.
Vous pourrez donc commencer votre « Vacançothon ». Soyez imaginative, convaincante, et surtout, faite pleurer dans les chaumières, y a que ça qui marche hélas !

L'idéal, pour être vraiment sûre d'être enceinte à votre retour de vacances, c'est de lancer une procédure d'adoption en même temps.
Donc, soyez économe et maligne : partez en vacances dans le pays d'adoption de votre éventuel futur enfant !

Merci qui ? Merci les gens qui ont toujours, toujours, mais toujours, de bons conseils avisés !


samedi 16 novembre 2013

27. Oh, mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? J'aurais pu t'aider...

Parce que parfois, on n'ose pas trop le dire, avant d'être certaine d'y arriver, par crainte que ça nous porte la poisse, par peur des reproches, des jugements, des incompréhensions récurrentes...

Parce que parfois, quand on sait que ça a marché, on se sent un peu plus sûre de nous, un peu plus forte à affronter ces regards et ces préjugés.

Parce que parfois, quand notre combat se solde par une victoire, nous en sommes tellement fières qu'on a envie de dévoiler au monde entier que :
« Hey les gens ! JE SUIS INFERTILEEEEEEEEEEEEE ! Mais je m'en suis sortie, putain !  »

Et donc parfois, lorsque vous parviendrez à révéler votre terrible secret à quelqu'un qui l'ignorait, votre interlocuteur vous dévisagera, l'air consterné, atterré, choqué et vexé (oui, tout ça en même temps), puis vous posera la question suivante :
Mais je ne comprends pas pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant... J'aurais pu t'aider, être présente et te soutenir.

Comment lui avouer que si nous ne lui en avons pas parlé avant, c'est tout simplement parce que :
- Nous l'avons entendu dire à sa propre sœur que soit c'était dans sa tête, soit elle devait changer de mec quand cette dernière se demandait si elle était stérile*.
- Qu'elle lui a suggéré aussi de partir en vacances et d'arrêter d'y penser.

Comment lui avouer que nous, nous n'avions pas le cœur à entendre ça, et encore moins envie de nous retrouver face à un mur d'ignorance (y en a assez comme ça chaque jour, et à force de se manger ces murs, ça commence à faire de sacrées bosses sur le crâne. Bref...)

Comment lui avouer que non, vraiment, on n'avait pas envie de dire la vérité à une personne aussi arriérée et dépourvue d'empathie qu'elle ?

Ben, souvent, ça nous est tout simplement impossible. Et devant tant de bonnes volontés (« j'aurais pu t'aider »), notre conscience nous empêche de lâcher le démon qui sommeille en nous. Et nous répondons juste :
Je ne voulais pas t'embêter avec mes problèmes.

Voilà, elle est contente. Nous, beaucoup moins, mais bon, on est restée cool, encore une fois ! (elle est où la médaille du self-control ?)

* Oui, les gens qui essayent de faire un bébé depuis plus de 6 mois sans réussite, pensent être stérile (ils ne connaissent pas le mot infertile).


vendredi 15 novembre 2013

26. C’est bon quoi, y en a qui sont bien plus à plaindre que toi quand même, y a pire que ça dans la vie !

Non mais allô quoi ! T’es infertile et tu oses te plaindre ? Non mais allô, c’est le monde à l’envers, y a des choses pires que ça dans la vie !
- Quoi ? Ton chien s’est fait écraser par un chauffard ? Ne te plains pas, y a pire que ça dans la vie ! 
- Quoi ? T’as cassé ta voiture et tu peux plus aller bosser ? Ne te plains pas, y a pire que ça dans la vie !
- Quoi ? Tu t’es fait violer par un gang ? Ne te plains pas, y a pire que ça dans la vie !
- Quoi ? Tu te retrouves au chômage ? Ne te plains pas, y a pire que ça dans la vie !
- Quoi ? T’es infertile et t’arrive pas à faire d’enfant ? Ne te plains pas, y a pire que ça dans la vie !
Mais oui, certes ! Y a effectivement pire que ça dans la vie. En plus d’être infertile, on pourrait être tétraplégique, avoir une maladie orpheline, être sans famille et sans ami, et tout ça dans un pays sous-développé… Oui, c’est vrai, il y a pire qu’être infertile, dans la vie.

Alors, puisqu’il y a pire que ça dans la vie et que nous ne sommes pas à plaindre, s’il te plaît, de ton côté, arrête de nous faire chier avec tes impôts et tes autres pseudos problèmes d’enfant gâté. 
Parce que vraiment, y a pire que ça dans la vie !




jeudi 14 novembre 2013

25. J’ai une copine qui a fait des FIV, elle a un cancer et les docs pensent que c’est lié…

Avant de faire des Fécondations In Vitro, nous avons droit à ce que l’on appelle une « réunion d’informations ». Pour faire court, et pour ceux qui ne connaissent pas, on réunit un tas de couples pour leur expliquer le déroulement des FIV. Alors, de par mon expérience personnelle, les « explications » varient d’un centre à l’autre. Certains vous diront clairement que vous prenez des risques pour votre santé tandis que d’autres vous le décriront presque comme un parcours de santé (le monde des Bisounours, comme j’aime l’appeler).

Un minimum de jugeote suffit à nous faire réaliser de nous-mêmes que cela n’est pas anodin pour notre corps. Mais c’est sciemment que nous faisons le choix de tenter malgré tout, parce que le désir d’enfant est plus fort que notre propre vie.

Certains diront :
Oui, mais t’as pas honte, tu vas en faire un orphelin !

Non, je n’ai pas honte de prendre le petit pourcentage de risque d’en faire un orphelin. Parce que je peux très bien mourir demain d’un accident de voiture, qui ne sera en rien lié à la PMA.

Pour en revenir à cette remarque, totalement déplacée, qui survient généralement pile après l’un de nos essais :
Oui, on peut (peut-être) chopper un cancer ou une autre maladie, (peut-être) lié aux traitements pour l’infertilité.
Je trouve juste totalement inutile de nous en faire la remarque…

De toute façon, il fallait nous le dire avant. Là, c’est trop tard, on a déjà bouffé un wagon d’hormones et on ne peut plus revenir en arrière… Alors quoi ? On se pend tout de suite ou on attend encore un peu ?




mardi 12 novembre 2013

23. Faut qu'on se dépêche, parce que si on est comme vous, ça craint !

Parfois, vos amis vous diront qu'ils ne sont pas encore prêts à avoir des enfants. Et c'est souvent à ces personnes-là que vos problèmes d'infertilités feront le plus peur. Parce qu'ils sont conscients que les années s'écoulant à vive allure n'aideront en rien leur propre fertilité, mais aussi parce qu'ils seront sensibles à vos galères (ou pas, ça dépend des amis).

Et c'est ainsi qu'un jour, lors d'une discussion (au premier abord) on ne peut plus normale :
— On a fini les travaux de la maison, ça fait trop de bien ! Et toi, quoi de neuf ?
— Ma FIV a encore foiré, j'suis vraiment dégoûtée. Il va falloir que je recommence tout, encore 3 cycles qui vont passer sans que rien n'arrive... Déjà 6 ans qu'on essaye, tu te rends compte ?

Votre amie réalisera alors (soudainement) qu'elle a 30 ans, comme vous, et que cela fait 6 ans que vous tentez de concevoir sans succès... Le seul calcul qu'elle parviendra à effectuer à cet instant sera d'additionner son âge à elle + vos années d'essais à vous. Et c'est à ce moment-là qu'arrivera cette petite pique que l'on affectionne tant :
— Oh mince ! Mais faudrait que je me dépêche alors, parce que si je suis comme toi, ça craint !

« Comme toi » (clin d'œil JJG*, je t'aime), ne signifie pas « méga belle, ultra intelligente et hyper gentille » comme vous ! Non, non, non !
« Comme toi » (ouais, re-clin d'œil JJG*, je t'aime vraiment beaucoup) sous-entend « infertile ».

Alors, soyez sympa, rassurez vite votre championne en math, et expliquez-lui que l'infertilité n'est pas contagieux. Ça l'aidera sûrement à mieux dormir et évitera (peut-être) le cas de celle pour qui c'est arrivé trop vite (voir article 15).

* JJG = Jean-Jacques Goldman, bien sûr.


lundi 11 novembre 2013

22. Tu devrais te dépêcher, tu vas être vieille !

Merci pour ce précieux conseil, et aussi de nous rappeler sans cesse notre âge, qui avance...

Hélas, la vie n'est pas toujours « conforme » aux bonnes mœurs de la société. À l'écouter, il faudrait rencontrer son âme-sœur à 20 ans, avoir un travail bien payé, devenir propriétaire, se marier, puis avoir des enfants (oui « des » ! Je vous rappelle qu'avoir un seul enfant n'est pas forcément bien perçu).

Cependant...
Parfois, on croit avoir rencontrer l'amour de sa vie, mais ce n'était finalement pas le cas (mince, les années ont passé entre temps).
Parfois, on décide de poursuivre ses études, puis/ou, on met du temps à trouver un travail qui nous permette ne nous stabiliser.
Parfois, l'horloge biologique tarde à venir.
Parfois, on aurait pu avoir plein d'enfants, mais la nature a décidé de nous les retirer avant qu'on puisse les serrer dans nos bras.
Parfois aussi, ça fait longtemps qu'on essaye, et ça ne marche décidément pas...

Alors quoi...
Je fais un enfant avec le premier mec qui passe ?
J'arrête mes études et trouve le premier boulot qui se présente, juste pour faire plaisir à la société ?
Je décide de procréer, même si je ne suis pas du tout prête ou que je n'en ai pas encore envie ?

Mais cette phrase plutôt étrange, c'est quoi exactement ? Une constatation ? Un conseil ?
Et qu'attendent les gens comme réponse à :
Faudrait que tu te dépêches, tu vas être vieille ! Si tu tardes trop, les gens penseront que tu es sa grand-mère quand tu iras le chercher à l'école.

Au choix :
OK ! Mais comme mon conjoint a des problèmes de spermatozoïdes, tu voudrais pas être le père ?
Moi vieille ? Merde ! Je vais arrêter de faire la teuf tous les week-ends alors et je vais penser à m'y mettre !
Oh ! Mais jusqu'à quel âge on a le droit de faire des enfants alors ?
T'as raison, je vais en parler au biologiste demain et lui faire part de ta remarque, ça accélérera sûrement les choses.
Va expliquer ça à mes ovaires tiens ! Moi, ils ne m'écoutent pas, mais tu peux essayer, toi !

Allez, franchement les gens, cessez un peu cette réflexion désobligeante. Une fois de plus, cela ne vous regarde pas hein, et puis, on le sait qu'on vieillit ! Et on se dit déjà assez comme ça qu'on va devoir subir l'interrogation dans le regard des gens à la sortie de l'école.
On galère, on rame, on trime pour avoir ces enfants. Nous sommes conscientes du temps qui passe et nous échappe. On aurait bien aimé l'avoir de suite cet enfant, comme vous, mais on n'a pas réussi.
Je vous jure qu'on y met vraiment du notre pour y parvenir, on fait tout ce qu'on peut, mais pas du tout ce qu'on veut.

L'important, une fois de plus, ce n'est pas notre âge. L'important, c'est l'amour que nous leur apporterons.
Et finalement, les seuls regards qui importeront, seront les nôtres emplis de fierté en contemplant nos victoires, et ceux de nos petits bouts qui se seront, eux aussi, bien battus pour être là.




dimanche 10 novembre 2013

21. Tu ne pourrais pas te réjouir pour les autres ?

Un ventre qui s’arrondit au fil des mois, quoi de plus beau et de plus merveilleux ?
Cela promet de beaux sourires d’enfants, de jolis dessins fait de bâtons et de ronds difformes, des courses poursuites endiablées après sa progéniture pour tenter de lui enfiler son pull, des câlins à profusion, des cododos à outrance, des bisous esquimaux et des bisous feux, des clins d’œil malins signes d’une complicité entre lui et eux…
Cela promet plein de choses… pour celles qui ont la chance d’y parvenir.

Mais l’infertile ne vit pas avec ces promesses.
L’infertile vit chaque jour dans le doute, l’espoir, l’incertitude.
L’infertile vit son désir à travers les autres, sans jamais être certaine de le vivre à son tour.

L’infertile est contente pour les autres, au début.

Puis l’infertile, fatiguée d’attendre encore et toujours, prend sur elle lorsqu’elle se rend à la maternité, n’ose pas toucher cet enfant d’une autre et retient ses larmes devant tant de bonheur.

Oui, elle pourrait évidemment se réjouir, si elle était certaine que son tour approchait.
En revanche, il arrivera forcément à un moment donné lors de l’annonce de trop, que même la plus altruiste des personnes, lasse de son interminable combat, ferme ses yeux et ne trouve plus la force de sourire.
Ce n’est pas qu’elle ne vous aime pas, c’est juste qu’elle aimerait être vous ou cette autre, juste une fois au moins.