lundi 3 mars 2014

67. Je ne sais pas comment tu fais pour supporter tout ça… Moi, je ne pourrais pas…

Mais qui a dit que je le supportais ? Non, je ne le supporte pas. J’essaye juste de le supporter … Parce que, franchement ai-je réellement le choix ?

Avant d’en arriver à «vivre avec», voici toutes les phases par lesquelles je suis passée durant mon parcours d’infertilité :

1/ La phase Caliméro :
C’est vraiment trop injuste ! Je ne le mérite pas ! Mais euh, snif, ouin !

2/ La phase colère :
Mais c’est une blague ou quoi ? J’suis toujours sympa et je ne fais rien de mal alors ça devrait pas m’arriver à moi ! Pourquoi ça n’arriverait pas plutôt à l’autre cassos, là ? Hein ? Ah non, elle, elle pond oui, ça, y a pas de problème ! Les consanguins, ils sont pas stériles, eux ! Putain, y a pas de justice !

3/ La phase suicidaire :
Je vais me jeter sous un train parce que je ne le supporte pas ! Merde, y a pas de train, c’est la grève !

4/ La phase nonne :
Puisque je ne peux pas avoir d’enfant, je vais me consacrer entièrement à Dieu (celui de là-haut hein, pas le biolo de la PMA) et lui faire don de mon corps et de mon âme ! Mais pas aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui, j’ai piscine !

5/ La phase psychopathe :
Bon, si je m’introduis en douce dans une maison la nuit, que je massacre les parents à coups de marteau (oui, désolée, j’ai pas d’arme chez moi, mais je suis très bricoleuse), tout le monde pensera que c’est l’acte d’un serial killer. Après ça, je kidnappe leur bébé et je fais brûler leur baraque en jetant une allumette dans une flaque d’essence que j’aurais préalablement répandue partout ! J’ai vu ça dans un film… gnark, gnark, gnark…

6/ La phase kidnappeuse :
OK, on oublie l’histoire du massacre au marteau parce que Chéri l’a cassé ! Pff ! Donc, je vais juste suivre la mère au supermarché, et pendant qu’elle choisira son paquet de céréales, fuich, je prends le gosse !

7/ La phase psychopathe bis :
Bon, cette gourde ne mange pas de céréales ! Il faut donc que je m’en débarrasse ! Demain, je la zigouille avec un trombone ! J’suis une dingue !

8/ La phase d’acceptation :
En fait, j’ai pas retrouvé mon trombone, donc j’ai plus 36 solutions, là… Pff, faut que je l’accepte, j’ai pas le choix, je crois… Merde !





16 commentaires:

  1. "Je pourrais pas m'infliger tout ça" moi si bien sur je suis maso, j'aime souffrir.. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, c'est plus marrant comme ça....

    " je te trouve super forte, tu vas y arriver". Ah parce qu'il suffit de pas chialer devant tout le monde et on donne l'impression d'être forte. Ben oui en fait limite je m'en fous, ça me touche pas tout ça... Et vu que je suis forte forcément je vais arriver? Depuis le début on se demandait que faire, il suffit juste d'être forte et hop ovulation à gogo et sperme super fécondant..

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  2. "Oh punaise, moi si un jour je dois passer par là, ça va pas m'amuser! C'est bon quoi" c'est vrai que moi, je suis morte de rire à chaque fois hein, c'est l'éclate totale. Pfffff

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  3. Tout à fait d'accord avec vous les filles. Moi c'est une doc de la pma qui m'avait dit "on était persuadés que ça allait marchait, toute l'équipe était déçue, pas vous?" Non non, j'aime me faire des injections d'hormones, ça rend pas dépendant comme l'heroine, et la ponction d'ovocytes c'est le kiffe total et ce que j'adore par dessus tout c'est la secrétaire du laboratoire qui prend sa voix d'hôtesse de l'air pour me dire "c'est encore une fois négatif madame" grrrr

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    1. Euh marcher lol, les fautes, c'est la fatigue.. J'oubliais c'est mon père qui a dit à mon chéri "moi à ta place j'aurais pas accepté tout ça, c'est gênant quand même pour toi" (en même temps il a dit à quelqu'un qui s'est battu contre une maladie et qui est maintenant en chaise roulante "à ta place je me serai laissé mourir... " pas fin mon papa ;-)

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  4. Bounty Caramel3 mars 2014 à 21:58

    J'ADOOOOOOORE !
    Perfect, perfect ! C'est trop ça !

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  5. Qu'est ce que je me reconnais ! Ca en fait presque peur.

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  6. Bonjour,

    Je viens de découvrir votre blog et je l'adore déjà car vous arrivez à nous faire rire sur un sujet bien compliqué.

    Je suis un peu concernée par le sujet, mariée depuis un an et dans l'impossibilité de faire des enfants naturellement suite à la chimio de mon mari (qui l'a rendu stérile "pour l'instant") et avec des problèmes de mon côté (nous sommes encore en phase de "tests" pour définir ces problèmes...), nos projets de famille ont pris un beau coup dernièrement et on attend avec impatience un rebondissement...

    Je trouve dur de voir les autres couples y arriver et de supporter les gens qui vous disent "c'est pour quand?" ou "ohhh...mais tu peux toujours adopter!" ou "il ne faut pas traîner ein.. c'est trop tard après sinon.." ou aussi "vous avez un neveu entre temps.." (pfff non, désolée mais un neveu n'est pas un fils, je n'ai pas cette ouverture d'esprit..) ou même votre propre toubib (qui est une femme!) qui vous dit "mais vous êtes jeune!"(j'ai + de 30ans, mais - de 35) et toutes ses phrases "débiles" que vous avez déjà abordé!!!

    Je me retrouve clairement dans la phase 2, la phase Caliméro a été dure et encore maintenant je vois un lapin que je pleure (c'est peut être les hormones aussi...).

    Merci pour vos billets et je vous souhaite un deuxième bout de choux en pleine santé pour bientôt! Entre temps, bon courage et gardons l'espoir même si ce n'est pas facile tous les jours!

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  7. Pas infertile (à ce que je sache) mais suivie pour un bilan génétique depuis un an... je me retrouve néanmoins fans grand nombre de vos posts.
    Je reste discrète sur le sujet dans mon entourage même si je commence tout doucement à en parler car j'en ai marre de la connerie de certains/certaines.
    Jusqu'à présent je faisais semblant de ne pas vouloir d'enfant pour qu'on me fiche la paix, jusqu'au jour où une personne bien intentionnée a demandé à mon conjoint s' il comptait me quitter si je ne changeais pas d'avis.
    C'est depuis lors que j'ai pris la décision de commencer à en parler.

    que dire de la collègue enceinte qui en parle au moins une fois par jour? OK elle n'est pas au courant mais quand même, y a pas que son nombril dans la vie.

    Bref, la connerie ne cessera jamais de m'étonner!

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    1. Moi aussi, je clamais que je n'en voulais pas, pour qu'on me fiche la paix. Sauf que j'avais pas du tout réalisé que dans notre société, il est très très mal vu de ne pas vouloir d'enfant :( Du coup, je suis passée pour une sans-coeur qui déteste les enfants... Pff !
      Ce qui me chagrine, c'est qu'on ne puisse pas vivre sa vie sans que l'on soit jugé à tout bout de champ... c'est quand même bien dommage :'(

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    2. Quoiqu'on dise, il y aura toujours quelqu'un pour nous juger :/

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  8. Il faut le vivre pour le supporter... mais en effet, c'est pas comme si on avait fait le choix un jour de se piquer à heure fixe pour amener les follicules à maturité afin qu'un médecin nous pique dans les ovaires pour qu'ensuite un biologiste "fabrique" notre bébé... Pourtant, on le fait ;)

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  9. Merci merci merci !! Je viens juste de découvrir ce blog et c'est ô combien vrai !!! Quand on me dit ça, je réponds assez fraîchement que quand c'est le seul choix qu'on a, on fait !!

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  10. Une amie en début de parcours PMA m'a fait découvrir votre blog, je voulais vous dire bravo, j'ai tout lu!!!
    Mon histoire est différente. Je ne suis pas infertile, je suis tombée enceinte deux fois. Oui, sauf que la première fois, mon bébé est mort dans mon ventre à 9 mois de grossesse. Certaines des phrases "pleines de sagesse" que vous tournez intelligemment en dérision, je les ai entendues aussi (vous êtes jeunes vous en aurez d'autres, par exemple...), les amis qui se plaignent de leur enfant alors que l'on a perdu le nôtre un mois avant... Dieu sait qu'elles m'ont blessée et me blessent encore. Celle qui me faisait bondir était "Vous êtes tellement courageux, je ne sais pas comment vous faites, je ne pourrais pas continuer à vivre après ça, moi je me serai suicidé (si si, on me l'a sorti)". Alors comme vous dites non, on n'est pas courageux, on n'a juste pas le choix. Ce n'est pas tombé sur nous car on est plus courageux que la moyenne. Et oui, malgré la douleur de rentrer de la maternité le ventre, les bras et le cœur vide, on a le droit de continuer à vivre. Comment on fait? Je ne sais pas, je me suis posée la question et je me la pose encore. Je ne sais pas comment on a fait... On s'accroche à l,espoir de pouvoir un jour serrer un enfant vivant dans ses bras et comme la perspective de mourir nous tente bien mais nous fait quand même trop peur, on continue?
    Aujourd'hui, un an et 7 mois après la mort de mon premier enfant, la réponse à toutes mes questions est dans nos bras depuis 4 mois... Si on a continué et qu'on continue encore aujourd'hui, c'est pour ELLE, le plus beau cadeau que notre enfant parti trop tôt nous a envoyé.

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    1. Merci pour ce témoignage, qui m'a bouleversée. Perdre un enfant est la pire des douleurs, et effectivement, je ne sais pas comment on s'en remet, ni même si on s'en remet vraiment, tout court. Mais toujours est-il que l'espoir de donner la vie est vraiment un moteur extrêmement puissant. Je suis heureuse que vous teniez votre enfant dans vos bras aujourd'hui. Je suis chagrinée qu'une personne puisse vous parler de suicide après ce que vous avez vécu... quel tact, piouff !
      Je vous remercie encore pour votre message, mais également de m'avoir lue, cela me touche profondément.
      Je vous embrasse, et me permet aussi, de déposer un baiser virtuel sur les joues de vos 2 petits amours <3

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  11. Même entre infertiles des fois on se fait ces commentaires là. Après une fausse couche qui a duré 4 mois à se terminer on me disait: la vache tu as du courage! Moi j'aurais pas supporté d'attendre si longtemps. Ben en fait y'a que ça à faire, attendre et supporter. C'est étonnant que même entre nous on l'oublie parfois :/

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